Roulez en pleine conscience

Psychologies Magazine

Auto-boulot-dodo : les jours se suivent et se ressemblent. Chaque matin, chaque soir, la routine est la même.

Le refrain se répète et nous berce à l’infini… Au point de nous endormir : peu à peu, c’est notre conscience qui s’émousse. Les séquences de nos journées nous sont si familières que l’on passe de l’une à l’autre sans même nous en rendre compte – le trajet en voiture n’y échappe pas, tellement connu que l’on pourrait (presque) se mettre en pilotage automatique. Car il en va de la conduite comme du reste de nos gestes quotidiens : ils deviennent des « réflexes », activés instantanément, sans passer par le cortex cérébral, zone du cerveau responsable de la réflexion.

La recherche en neurosciences l’a démontré : sur l’enchaînement d’actes simples que constitue une journée classique, nous ne prenons quasiment plus de décisions « en conscience ». Notre cerveau se repose sur ce que l’on a tout simplement pris l’habitude de faire. Mais si la pensée est en sommeil, nos pulsions, elles, restent vives. Un geste déplacé, une intrusion dans notre espace vital, et ce sont nos émotions les plus archaïques qui prennent le dessus : sous l’effet du moindre stress, la peur et la colère se mettent aux commandes… Et on leur laisse le volant.

Reprenons ce trajet où vous vous êtes (presque) mis en pilotage automatique… Tout à coup, un piéton fait irruption dans votre champ de vision. Ou alors, c’est un camion de déménagement qui vous barre la route. Ou bien encore, c’est une rue dont la signalisation a été modifiée… Quoi qu’il en soit, un changement s’est produit dans votre routine, une nouveauté a bousculé vos habitudes : dans votre ADN, depuis la nuit des temps, vous avez appris à vous méfier du changement.

A minima, il vous inquiète, car l’inconnu fait toujours un peu peur… Si votre pensée était en éveil, vous sauriez évaluer la réalité du danger, mesurer la taille de l’obstacle et adapter votre conduite. Mais votre cortex étant au repos, vos émotions occupent tout l’espace : la nervosité, voire la colère vous montent au nez et vous submergent.

Accélérations ou freinages trop brusques, coups de klaxons intempestifs, quand ce ne sont pas les noms d’oiseaux qui se mettent à voler… Nous ressemblons alors furieusement à nos lointains ancêtres. Lorsque l’homme vivait en pleine savane, il devait certainement bomber le torse et pousser de grands cris à la vue d’une bête sauvage : la colère écartait le danger.

Le problème, c’est que, aujourd’hui, une conduite impulsive est surtout très risquée. Les chances de croiser des bêtes sauvages en pleine rue étant assez réduites, les êtres civilisés que nous sommes peuvent garder leur calme. Pour éviter au cortex de s’endormir, commencez par varier vos habitudes : utilisez parfois un itinéraire bis ; écoutez de nouvelles stations de radio ; partez un peu plus tard ou un peu plus tôt…

Et lorsque des situations de stress se présentent, concentrez-vous pour faire redescendre vos émotions : prenez une grande inspiration en comptant jusqu’à trois ; expirez lentement en comptant jusqu’à six, puis recommencez. Visualisez mentalement vos pieds, ressentez-les : c’est la meilleure façon de les garder bien ancrés dans le sol… Et de ne pas vous emballer.

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